Une discussion au sujet de l’évolution de l’industrie musicale franco-manitobaine

Noté par dmusique le 04.05.2009 dans Pour s'amuser...

Dans le cadre du Mai de la chanson d’ici, vous aurez l’occasion cette semaine d’écouter une discussion au sujet de l’évolution de l’industrie de la musique franco-manitobaine, aux ondes de Radio-Canada.  Le tout sera présenté en cinq capsules (une par jour à partir du lundi le 4 mai 2009) à 8h20, pendant l’émission Radio-réveil, animée par Jean Fontaine.  Les participants à cette édition de la capsule Café Socrate (une discussion style-table ronde) sont Julie Turenne-Maynard (CDEM), Raymond Beaudry (propritétaire du Garage Café), Norman Dugas (Productions Norman Dugas), ainsi que Michel Durand de Durand Musique Management.  Écoutez cela aux ondes de Radio-Canada Première Chaîne (1050AM; 90,5FM Winnipeg), ou via internet.

L’évangile du futur de l’industrie musicale selon Gerd Leonhard?

Noté par dmusique le 01.12.2008 dans Pour s'amuser...

Récemment, un lien vers cet article (et clip audio) me fut envoyé par courriel :
MediaFuturist: WNYC – Soundcheck: The Record Company of the Future (from 2006 but still valid!)

Suite à quelques commentaires passés par des collègues (par courriel), j’ai décidé qu’il y aurait probablement occasion d’en commencer une discussion (pour s’amuser).  Je vous partage ma réaction initiale (non-révisée)…

Ha!  Laissez-moi répéter pour y mettre de l’emphase… Ha!

Ma partie préférée de ce clip est lorsque M. Gerd Leonhard, dit expert dans le futur de l’industrie musicale, proclame : “online distribution gives everyone an equal chance… because of this change, I’ll be able to sell just as well as the Rolling Stones, because distribution is going to be a default, a given.

Premièrement, c’est contradictoire qu’il affirme que l’industrie de la musique est morte car les gens refuseront (ou refusent déjà) de payer pour de la musique (0,99$ pour une chanson c’est beaucoup trop!), et presque dans le même souffle, il nous dit, fièrement même, que tous les artistes pourront maintenant faire de l’argent à vendre leur musique en-ligne, sur le même pied que les Rolling Stones, puisque la distribution est maintenant à base égale (grâce à des services comme iTunes, entre autres).  Est-ce que M. Leonhard s’écoute parler des fois?!  Soit qu’il y a de l’argent à faire en musique ou non… on se décide!

Et deuxièmement, WTF?!  Est-ce que M. Leonhard est sérieux?!?!  Est-ce qu’il pense que la seule chose qui empêche un artiste de connaître un succès marqué [notons que par "succès", je laisse entendre "succès financier"] est la distribution de son album (ou manque de distribution, le cas échéant)?  C’est certainement une partie de l’équation (on ne peut pas acheter quelque chose qui n’est pas disponible), mais ce n’est pas tout ce qui compte.  L’animatrice fait un bon point en disant qu’en ligne, comme en vraie vie, plus d’argent achète plus de publicité…  c’est vrai, mais ça va encore plus loin que ça!  Est-ce que M. Leonhard pense que le monde en-ligne existe dans une réalité différente et séparée du monde physique?  Que les gens qui achètent en-ligne ne sont influencés que par la promo et la pub qu’ils ont vu en-ligne?  Let’s get serious!  Chaque client en-ligne est une vraie personne dans le monde physique.  Une personne qui a vu les Rolling Stones (ou Jessica Simpson ou Simple Plan ou Michel Rivard ou n’importe qui) sur Jay Leno ou sur Tout le monde en parle, qui a entendu leur toute nouvelle chanson durant le dernier épisode de One Tree Hill, ou (gasp!) à la radio (commerciale ou en-ligne), qui a reçu une sonnerie gratuite de Rogers avec son nouveau téléphone cellulaire, qui a vu un poster de spectacle sur un poteau de téléphone au centre-ville, qui a lu un article à son sujet sur un blogue de musique, qui a reçu un Tweet lui laissant savoir qu’une mise à jour a été faite sur la page Facebook de l’artiste lui donnant un lien vers un vidéo hilarant sur YouTube qui parle des coupures du gouvernement face aux programmes culturels, qui a mangé un biscuit chinois lui disant d’acheter l’album qui sera lancé en avril 2009.  C’est du marketing!!  D’accord — l’Internet a sûrement affecté la façon dont le marketing se fait de nos jours (il faut continuer à devenir de plus en plus créatif non seulement dans notre message, mais aussi dans notre médium et notre timing), mais une règle existe toujours : plus d’argent = plus de ressources = meilleure chance de faire connaître son message = meilleure chance de vendre ses produits.  Peut importe comment on s’y prend et quelles règles on applique au marketing [voyez Business Week: Net Gen Transforms Marketing pour un article intéressant (sinon apocalyptique) à ce sujet.], il reste toujours que plus on a d’argent, plus élevées sont nos chances de succès.  Ce n’est pas pour dire que si M. Leonhard restait assis dans la cave de sa mère à faire de la promo gratuite sur Internet, qu’il n’arriverait pas à connaître un succès en ventes… mais l’artiste qui a un budget de marketing de 100 000 $ (et évidemment, qui dépense cet argent judicieusement) court une bien meilleure chance de vendre plus d’albums (ainsi que tout autre produit/service qu’il aimerait vendre).  Et il faut toujours se souvenir — L’INTERNET N’EXISTE PAS DANS UN VIDE!!  Ce n’est pas un monde séparé… c’est une extension du monde physique dans lequel on existe.  Si on veut vendre en-ligne, on doit faire du marketing en “vraie vie” aussi.  [Il faudrait probablement noter ici que par "marketing", je veux dire "toutes les activités qu'on entreprend afin de vendre notre produit/service"... c'est donc large et vague, et comprend non seulement les activités que l'on considère "traditionnelles", mais aussi les activités qui ne sont pas catégorisables, et tout ce qui tombe entre les deux.]

Dire que parce que l’album (théorique) de M. Leonhard est disponible au téléchargement sur le même pied que l’album des Rolling Stones, qu’il pourra automatiquement vendre autant d’albums qu’eux, c’est de la folie pure et simple !

Est-ce que l’industrie de la musique a changé (et devra continuer à changer)?  Absolument.  Est-ce que toutes les maisons de disques sont “dead in the water“, comme l’indique M. Leonhard?  J’en doute.  Comme dans n’importe quelle industrie (est-ce que j’ai entendu automobilière?), les règles du jeu sont en constante évolution, et ce sont ceux qui sauront s’adapter qui éviteront de se noyer. Les maisons de disques n’ont pas besoin de s’entendre sur un nouveau modèle d’affaires pour l’industrie entière — chacun d’entre eux n’a qu’à trouver le modèle qui fonctionne pour eux et leurs artistes… le marché libre s’occupera du reste ! ;-)

Humblement, j’invite vos commentaires !